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VoltR veut accélérer le passage à l’échelle de son activité de remanufacture de batteries lithium. Le spécialiste angevin sécurise 22 M€, dont 16 M€ de fonds propres apportés par le fonds SPI 2, géré par Bpifrance pour le compte de l’État, et Decathlon PULSE. Les deux investisseurs deviennent ensemble majoritaires au capital, selon l’entreprise. Le financement est complété par 6 M€ de subventions du programme Première Usine. Une première tranche doit être versée prochainement ; les suivantes seront conditionnées à l’exécution du business plan et aux dépenses budgétées. L’opération prolonge les investissements de SPI 2 dans la filière française des batteries. Doté d’environ 1 Md€, le fonds accompagne notamment Verkor, qui a sécurisé plus de 2 Md€ en 2023 pour financer sa gigafactory de cellules à Dunkerque, Mecaware, qui a levé 40 M€ la même année pour industrialiser le recyclage des batteries, et ITEN, financé à hauteur de 80 M€ en 2022 pour développer ses microbatteries lithium-ion solides. VoltR se positionne sur un autre maillon de cette chaîne : la prolongation de la vie des cellules déjà produites.
Six fois plus de cellules
Avec cette opération, VoltR entend « disposer des moyens nécessaires pour saturer notre site de production », indique Maxime Bleskine, directeur général de la société. L’entreprise traite aujourd’hui environ 1 000 cellules par jour et vise 6 000 d’ici deux ans. Les fonds doivent permettre de doubler la surface de l’usine de Verrières-en-Anjou, d’automatiser davantage les procédés et de développer les technologies de diagnostic et de réaffectation des cellules. « Bpifrance et Decathlon sont deux acteurs complémentaires », poursuit le dirigeant. Bpifrance apporte son expérience de l’amorçage et du passage à l’échelle industrielle, avec désormais deux représentants au conseil d’administration. Decathlon PULSE doit, de son côté, apporter sa connaissance des usages et des marchés. Le financement doit également couvrir la construction d’un site de stockage classé ICPE, destiné aux batteries ayant le statut de déchets. Les travaux doivent démarrer prochainement, pour une mise en service visée au troisième trimestre 2027. L’entreprise, qui compte une quarantaine de salariés, prévoit aussi de doubler ses effectifs.
De la seconde vie à l’échelle européenne
« Notre chaîne de valeur comporte quatre grandes étapes : la collecte, le démantèlement, la qualification et l’assemblage », résume Maxime Bleskine. La collecte est sous-traitée ; le démantèlement et la qualification sont réalisés en interne. L’assemblage est partiellement externalisé auprès de la fondation Amipi depuis juillet dernier. VoltR adresse aujourd’hui deux marchés, celui de la petite puissance et celui de la forte puissance. Principalement positionnée sur le premier, l’entreprise développe désormais des batteries issues de véhicules électriques pour le stockage d’énergie. Des prototypes sont en phase de test chez ses partenaires ; une première production en série est prévue début 2027. La société entend aussi élargir son approvisionnement en batteries en fin de première vie. Après avoir mis sur le marché plus de 20 000 batteries, elle vise des volumes croissants de cellules à remanufacturer. « La France reste notre marché prioritaire », précise le dirigeant. VoltR se déploie également en Espagne et en Belgique, et discute avec des partenaires en Allemagne et aux Pays-Bas. L’Europe de l’Est pourrait constituer une deuxième phase de développement. La réglementation française constitue un autre facteur de soutien, selon Alice Allonas, directrice de participations de SPI. L’arrêté du 27 mars 2025 fixe des objectifs de réemploi, de réaffectation et de remanufacturage de 2 % à partir de 2027, puis de 5 % à partir de 2030. Le périmètre exact de ces objectifs et leur différence avec le cadre européen sont à préciser dans l’article avant publication.










