
© SAF Aerogroup
Nouvelle phase de croissance dans les rotors pour SAF Aerogroup. Après huit ans passés sous l'aile d'Oaktree et Bpifrance, le groupe de services héliportés prend son envol avec deux nouveaux actionnaires, sorti vainqueurs d'un process lancé à l'automne par Rothschild & Co et marqué par une forte présence de fonds infra selon nos informations. « Il y a eu un début de réflexion et une transition progressive à partir du printemps 2024 », explique Thibault Nicodème, devenu co-directeur général, aux côtés de Jean-Louis Camus, en septembre dernier après la décision de Tristan Serreta de s'expatrier au Canada. L'opération, dont le closing est attendu avant l'été, prend pour le moment la forme d'une option de vente posée par l'italien Vesper Infrastructure Partners et le britannique Infracapital sur les parts d'Oaktree (49 %) et de Bpifrance (30 %), pour un montant gardé confidentiel – Vesper investissant des tickets compris entre 50 et 150 M€ – mais qui valorise l'entreprise un peu moins de 300 M€. De sources concordantes, une question reste encore à résoudre sur la présence de BNP Paribas Développement et Crédit Agricole Savoie, minoritaires historiques, qui pourraient exercer leur droit de vente à cette occasion. Le management (6 %) sort également à l'occasion de l'opération.
Des ambitions européennes
Car SAF Aerogroup voit grand sous l'égide de ses nouveaux actionnaires et de sa direction bicéphale. Affichant 110 M€ de chiffre d'affaires et 550 employés à date, le savoyard veut décoller au niveau international. Il ambitionne de renforcer sa première verticale, l'aerial emergency services, aujourd'hui présente en France et en Belgique, dans d'autres pays de l'Union Européenne. Le groupe veut aussi se positionner sur le boom que connaît le marché de la lutte contre les feux de forêt, porté à la fois par la baisse des flottes en provenance d'Europe de l'Est et la constitution de doctrines plus matures dans plusieurs pays européens dont la France, l'Italie, l'Espagne, la Grèce et la Turquie. « Nous avons notamment redéployé une partie de la flotte de Starlite Aviation vers cette activité, la logistique humanitaire restant un marché plus stable », indique Thibault Nicodème.
Une expansion de la fotte à venir
Le groupe s'appuie aujourd'hui sur une flotte de 80 hélicoptères de mission auxquels s’ajoutent 10 avions et 20 hélicoptères de formation, un chiffre qu'il souhaite augmenter « d'au moins 50 % » au cours des cinq prochaines années. « La croissance du groupe vient avec des besoins d'investissement importants dans lesquels Vesper et Infracapital pourront nous soutenir », explique le codirigeant. Pour les deux arrivants, qui mobilisent respectivement leurs premier et quatrième véhicules selon nos sources, l'opération offre ainsi une base d'actifs capable de servir de valeur refuge en cas de recul de l'activité – « les flottes perdant peu de valeur dans le temps, la durée de vie moyenne d'un hélicoptère s'établissant à environ 30 ans » – ainsi que des contrats au caractère long-termiste : « En France, la durée type d'un contrat est d'une dizaine d'années », souligne Thibault Nicodème, précisant que 80 % du chiffre d'affaires est réalisé auprès de contreparties publiques.