
©Akuo
Le serpent de mer Akuo trouve un dénouement favorable. Comptant parmi les rares du secteur encore aux mains de ses fondateurs, le développeur d'énergies renouvelables passe sous pavillon privé après plus de deux ans de négociations. L'ex-bloc actionnarial composé d'Eric Scotto et Patrice Lucas est entièrement repris par le sixième flagship infra d'Ardian, comme pressenti depuis l'automne, pour une valorisation à un peu moins de 1 Md€ selon nos informations, et jusqu'à 2,3 Md€ dette comprise – proche de 15 fois l'Ebitda 2024 qui est attendu à 155 M€ non-retraité. D’ici le closing, attendu avant l’été, le fonds d'investissement prévoit de mettre la main sur 100 % du capital d’Akuo, en rachetant pour près de 1 Md€ d'equity à la fois les 97 % détenus par ses deux fondateurs, ainsi que la ligne de preferred equity d'environ 700 M€ injectée par le britannique ICG.
2 GW de projets renouvelables
« Le fonds Ardian Infrastructure VI accompagnera Akuo dans l’accélération de son développement sur ses marchés clés en Europe, ainsi que de manière ciblée en Amérique Latine, tout en soutenant des projets hybrides combinant solaire, éolien ou batteries, et en renforçant son positionnement sur le stockage via son outil OPTA. Cette stratégie s’accompagnera également d’une optimisation du portefeuille par la cession d’actifs non stratégiques », confie une source proche du dossier. Entamé début 2023, le process piloté par Nomura et Rothschild a notamment vu concourir le fonds InfraVia, qui s'était ravisé la même année, ainsi que KKR et Antin. Positionné sur le dossier depuis l'an dernier avec l'appui de Bank of America, Altamoda et Flack&Cie, Ardian met la main sur l'un des champions tricolores indépendant, qui affiche un portefeuille de 2 GW de projets opérationnels ou en construction en France, mais aussi au Portugal, au Chili, en Grèce, aux États-Unis et dans les Balkans – avec pour objectif d’atteindre 5 GW d’ici 2030. Dans le cadre d'un recentrage stratégique, le développeur aux près de 280 M€ de chiffre d'affaires sur l'exercice écoulé avait cédé l'intégralité de ses activités africaines en décembre – soit de 1GW de capacité installée – à Taranis Investments, la société d’investissement et de gestion d’actifs du groupe Perenco.