
La Seine Musicale fait partie des actifs repris par Alba Infra Partners. © Alba Infra Partners
La place française a eu son lot de spin-off de fonds d'infrastructure au cours de la dernière décennie – et un dernier s'ajoute à la liste avant l'été 2024 avec la naissance d'Alba Infra Partners. Fraîchement agréé ce dimanche par les autorités financières britanniques et françaises, ce nouveau GP tricolore naît du spin-off de l'activité Projets d'infrastructure du groupe britannique coté 3i, reprise pour un montant non dévoilé par Stéphane Grandguillaume, John Cavill et Antoine Matton, désormais managing partners d'Alba Infra.
Un portefeuille de plus d'1 Md€
Dans le détail, le gérant anglais cède une poche interne de sa filiale 3i Infrastructure dédiée au financement de projets. Celle-ci inclut EOPF, un fonds de 456 M€ dédié aux marchés européens qui a déjà mené une quarantaine d'investissements depuis son lancement en 2017 et aujourd'hui presque totalement déployé, ainsi que BIIF, un véhicule de 680 M£ centré sur les PPP britanniques lancé en 2008 et totalement investi. Le portefeuille de 130 dossiers – dont 25 en France et 88 au Royaume-Uni – pèse autour de 1 Md€ d'AuM, et compte parmi ses deals tricolores les investissements de 3i dans La Seine Musicale, Insep, le centre pénitentiaire de Paris-La Santé ou encore NEot Green Mobility.
Un spin-off amical
Derrière cette séparation consensuelle se trouve « un rationnel stratégique », explique Stéphane Grandguillaume, également CEO du GP. « Notre équipe se focalise sur le financement de projets entre 25 M€ et 75 M€, là où 3iN, le fonds infra flagship de 3i, investit des tickets entre 200 et 500 M€ », explique l'investisseur, pointant des réseaux différents entre les deux segments. « Il s'agit d'un marché en forte croissance pour lequel nous avons besoin d'agilité », souligne-t-il, précisant cibler les secteurs des énergies renouvelables, de la transition énergétique, de la mobilité verte, des infrastructures sociales et dans une moindre mesure des petites utilities, avec un positionnement core plus / value-add. « Les équipes ont un fort track record dans tous ces secteurs et la capacité de faire croître des développeurs de projets ou de construire des portefeuilles de projets qualitatifs. » L'opération permet, du côté de 3i, de recentrer les activités infrastructures sur le segment du mid market core plus, dans lequel le fonds britannique conserve plusieurs de ses participations tricolores iconiques telles que Valorem, TCR ou encore Ionisos.
Une casquette franco-britannique
Les trois managing partners emmènent avec eux l'ensemble des équipes dédiées chez 3i, soit une douzaine de personnes, Stéphane Duhr et Matt Edward étant par ailleurs nommés partners au sein de la nouvelle structure. Le recrutement d'une secrétaire générale et directrice ESG doit également être annoncé prochainement – il s'agit, selon nos informations, de Gil Kiener, ancienne associée de Willkie Farr et General Counsel de Meanings Capital Partners. Les équipes seront réparties entre Paris (neuf collaborateurs) et Londres (six collaborateurs).